Syndicat des chargés de cours de l'UQTR

Section locale 2661

Nouvelles

Quand la pression s’installe

À LIRE – JUSQU’AU BOUTTE SVP!

Certain.e.s étudiant.e.s sont mal préparé.e.s à la réalité de notre système d’études universitaires et à ses exigences. L’adaptation est souvent ardue et les enseignant.e.s peinent, voire éprouvent un malaise profond, à gérer quelques-unes des conséquences de ces difficultés d’adaptation.

Les étudiant.e.s provenant de l’extérieur du Québec ont parfois tout un défi à relever en venant étudier à l’UQTR et, force est de constater, le stress et l’anxiété les attendent parfois au détour.
 
Au terme de cette session Hiver 2024, j’ai eu des échanges avec des chargées et chargés de cours à ce sujet (et avec moi-même je dois le dire). Voici, en vrac, des commentaires recueillis lors de ces échanges.
 
Certain.e.s étudiant.e.s semblent considérer:
  • que ce sont les enseignant.e.s qui ont la responsabilité de leur réussite et, qu’à la fin d’un cours qui se solde par un échec, ils peuvent négocier avec l’enseignant.e pour que les points manquants soient rajoutés;
  • que les plans de cours sont flexibles et que pour palier un échec, l’enseignant.e peut déroger au plan de cours et accorder la reprise d’une évaluation;
  • que des arguments hautement émotifs peuvent être évoqués pour justifier un échec et demander la clémence de l’enseignant.
Allons-y avec ce dernier point. À toutes les sessions, des étudiant.e.s veulent me rencontrer (et d’autres personnes chargées de cours aussi) pour expliquer leur situation personnelle et les conséquences d’un échec sur leur vie future. Le coût des études, des parents qui n’ont plus d’argent, une éventuelle expulsion de leur programme qui les guettent, des parents malades ou décédés, des problèmes de santé, tout y passe.
 
Et c’est ici que la pression monte. Ces situations personnelles affligeantes, et probablement vraies dans plusieurs cas, deviennent une chape de plomb très lourde pour nos épaules de personnes enseignantes. Certain.e.s finissent par y percevoir une forme de chantage émotif et plus la pression monte, plus la tentation d’y céder augmente.

J’imagine que c’est un mécanisme de défense qui se vaut pour diminuer cette pression ou atténuer le sentiment anxiogène de culpabilité, mais j’ai cru comprendre que certain.e.s chargé.e.s de cours ne veulent pas succomber, même si cela demande un effort mental important et, surtout, voudraient bien ne pas avoir à subir cette pression. La personne enseignante gère sa fougère[1] (son enseignement, ses évaluations, …) mais pas les situations financières, familiales, médicales ou psychologiques des étudiant.e.s.
 
Quels outils sont à votre disposition?
Le plan de cours
  • Vous pouvez être clair.e.s et fermes dans la présentation de votre plan de cours en classe et dans la rédaction de celui-ci. Insistez sur le fait que les modalités d’évaluations seront appliquées tel que stipulé au plan de cours, qu’aucun travail compensatoire ne sera accordé, que les absences aux examens, le plagiat ou la non-remise des travaux selon les paramètres prévus au plan de cours entraînent automatiquement la note 0 pour cette évaluation, etc.
  • Rappelez les grandes lignes du Règlement des études qui établissent les critères à satisfaire pour avoir droit à un examen de compensation et la façon de faire une telle demande.
  • Donnez le nom et l’adresse courriel de la personne, dans votre département, à qui une telle demande doit être faite. Vous n’avez pas à vous impliquer dans ce processus au-delà d’orienter l’étudiante ou l’étudiant vers la bonne personne ressource. Une fois que l’étudiant.e a entamé sa démarche auprès du département, la décision ne vous appartient plus. Si la demande est acceptée, vous n’aurez qu’à fournir la version de l’évaluation compensatoire pour l’étudiant.e et corriger au retour de la copie. Pas de surveillance et pas d’interactions ni de négociations avec l’étudiant.e,
  • Rappelez l’importance de la présence aux cours, de la lecture des documents que vous déposez sur le portail de cours, du strict respect de toutes les consignes et des modalités d’évaluation. Dans ce dernier cas, c’est aussi une question d’équité envers l’ensemble des étudiants du cours.
Les règlements des études
  • Si une personne étudiante veut un examen compensatoire, elle n’a pas à passer par l’enseignant.e. La demande officielle se fait auprès du département qui détermine si elle est recevable, qui gère ces demandes et, si la demande est acceptée, qui spécifie les modalités de reprise. Voir Règlement des études, Sections 7 et 8, p. 49-51.
  • Une implication directe du point précédent est que toute demande qui vous serait adressée par une ou un étudiant peut faire l’objet d’une réponse renvoyant cette personne à son département pour aller plus loin dans le processus. La personne chargée de cours n’a pas à s’impliquer personnellement et peut donc se tenir loin des pressions qui pourraient être appliquées directement par la personne en demande.
Pour les nouvelles personnes chargées de cours
  • N’hésitez pas échanger et à discuter d’une situation inconfortable avec une ou un collègue expérimenté.
  • Dans certains départements, une personne accompagnatrice (voir la Lettre d’entente no 15 de la Convention collective en vigueur, p. 145 concernant le projet pilote de soutient et d’intégration des nouvelles personnes chargées de cours) peut vous supporter dans vos démarches, réfléchir avec vous et chercher des pistes de solutions ou des ressources pouvant vous être utiles.
  • En toute circonstance, n’hésitez pas non plus à demander conseil auprès de votre Syndicat.
Autres avenues
  • Les forums départementaux peuvent être une excellente tribune pour discuter des sujets abordés dans ce texte. Ces forums doivent être tenus une fois par année, par tous les départements. Ils sont co-présidés par une personne professeur et une personne chargée de cours.
  • Les comités de programmes peuvent aussi être des instances appropriées pour avoir ces discussions, tenter d’identifier les causes de telles situations, les conséquences pour les enseignant.e.s et, certainement, tenter de trouver et mettre en place des solutions.
  • Vous pouvez aussi demander à rencontrer la personne directrice de département ou de programme pour exposer votre situation et voir comment le département ou le programme peut vous soutenir.
  • Pour celles et ceux d’entre vous qui faites partie des instances institutionnelles (Sous-commission du premier cycle ou autres), n’hésitez pas à utiliser cette tribune pour aborder ce sujet, lorsque cela vous semble pertinent.
Vous avez des commentaires, des suggestions ou des histoires vécues à partager. Faites-le sur notre groupe FB du SCCUQTR. Vos propos seront fort utiles dans un prochain texte sur ce sujet à l’automne prochain!
 
Merci d’avoir lu ce texte et passez un zen été!
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[1] Pas pu résister!

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